vendredi 2 janvier 2009

Bienvenue 2009

L'ACSBN a-t-elle vocation à s'exprimer sur les sujets de société ?



L'ACSBN* a-t-elle fait le choix de la réserve dans le débat citoyen ? L'absence de communication sur les valeurs qui animent ce mouvement se fait se poser quelques questions. En premier lieu, ce positionnement neutre est-il le résultat d'un choix ? Trouve-t-il ses racines dans la philosophie bouddhique ? Considère-t-elle que le principe de séparation des églises et de l'état l'oblige au silence ? Plus prosaïquement, a-telle été échaudée par les attaques à répétition dont elle a été l'objet depuis 30 ans ? S'agit-il d'autre chose ? La question de l'opportunité d'un positionnement public a-t-elle tout simplement été abordée ? Si cette question fait ou a fait débat dans au niveau de la direction nationale, force est de constater que les pratiquants n'en sont pas informés et encore moins consultés. Ignorants des débats qui décident des orientations de l'association, nous ne pouvons que nous interroger.
La laïcité n'empêche pas les associations religieuses d'exprimer leurs points de vue. Prenons l'exemple du PACS, à l'époque de ce débat c'est tout naturellement que l'Eglise catholique s'est engagée et a rappelé son opposition au projet en défendant une certaine vision de la famille et du mariage. De son coté, la SGF s'est abstenu de prendre une position publique, n'a pas communiqué en interne ni ouvert les colonnes de son journal sur ce sujet, pas plus qu'elle ne la fait sur les autres questions de société.
"Chacun est parfaitement libre de tomber amoureux ou d'être attiré par quelqu'un. La personne que l'on choisit de fréquenter est affaire de goût personnel. Fondamentalement, personne n'a le droit de s'immiscer dans votre vie privée (...) Je ne crois pas possible de préconiser un mode de comportement type qui puisse convenir a tout le monde" En prenant pour base ce texte du président de la Soka Gakkaï pourrait on imaginer que la sensibilité exprimée ici trouve une application dans une communication dans ce genre ... " Le bouddhisme ne préconise aucun type de comportement type, le PACS ne se trouve pas en opposition avec les valeurs bouddhiques de liberté portée par ... ect". Les publications disponibles sont aujourd'hui en France assez nombreuses et riches pour élaborer une position sur la plupart des sujets de société.
De son coté la laïcité est en crise, et la sois-disant neutralité de l'état en matière religieuse n'en a que le nom. L'encadrement administratif et l'intervention permanente de l'état dans les affaires religieuses montre que la séparation est un principe qui n'existe pas dans les faits. Là encore, les Protestants, les francs maçon et d'autres dénoncent un dogme laïc qui frise parfois l'extrémisme. De notre coté... rien. En quoi l'ACSBN est-elle différente d'autres organisations religieuses ? Est-il possible d'unir notre voix à celle des protestants et/ou d'autres qui pointent les dangers de l'intervention de l'état dans le domaine religieux ? L'ACSBN cherche-t-elle la reconnaissance du système en place et qui ouvre au passage les portes d'un régime fiscal avantageux ? En tant que citoyen, je m'interroge sur la classification bonne/mauvaise religion qui permet un traitement administratif avantageux ou non. Qui décide de cette classification ? Sur quelles bases ? Ou commence l'arbitraire et ou se situe la justice ? Aujourd'hui en France le moindre effort pour essayer de s'interroger sur le fonctionnement de la laïcité est balayé par des considérations vielles de deux siècles et érigées en dogmes. Face aux études et aux constatations des chercheurs qui s'intéressent au sujet, les fonctionnaires n'ont pour ultime argument que le danger que représente les sectes !!! Cela ressemble a du bon sens, c'est facile à comprendre et c'est imparable pour qui veut avoir le dernier mot dans un débat médiatique, mais en plus d'être faux, l'argument bloque des interrogations légitimes et un débat nécessaire sur un principe à bout de souffle. La NSF puis la SGF et enfin l'ACSBN ont été en première ligne pour constater les dégâts de la "neutralité étatique". Si elle se défend des attaques infondées, le silence sur le fond du sujet est assourdissant. Les efforts de dialogues avec les services en charge des "problèmes sectaires" peuvent être réduits a néant par un changement de personnel administratif. N'est-il pas temps de dénoncer le système qui, à coup de rapports parlementaires et notes administratives classe et déclasse les mouvements religieux plutôt que d'en chercher la reconnaissance ?
N'est-il pas temps, aujourd'hui, de proposer une lecture bouddhiste aux problèmes graves que traverse la société occidentale et de la communiquer ?

*L'ACSBN est l'Association Cultuelle Soka du Bouddhisme de Nichiren, branche française de l'organisation bouddhiste Soka Gakkai

Le blog Cap sur la paix propose une réponse et une redéfinition du rôle d'une association religieuse, suivez le lien...

Zietgeist, l'esprit du temps.








Zeitgeist est un documentaire libre de droit réalisé en 2007 par Peter Joseph et qui a été visionné plusieurs millions de fois sur les sites de partage de vidéo.
Zeigeist se divise en trois parties et s'ouvre sur un speech de Chögyam Trungpa. Ce discours sur la peur de se situer ici et maintenant et sur les conséquences auxquelles cette peur le l'inconnu expose l'humanité pose un point de vue bouddhiste sur les origines des conflits.
Dans sa première partie, le film défend l'idée que le Christ est une version moderne du dieu de l'Egypte antique Horus, lui même étant une incarnation mythologique du soleil. Après avoir exposé les similitudes entre le Christ et nombre de divinités mythiques antérieures, l'auteur fait la liste des historiens contemporains de Jésus, notant qu'aucun ne rapporte la présence de celui-ci. L'histoire de l'Eglise et l'utilisation du mythe par le clergé a des fins politiques est enfin rapidement traité.
Eclairé sur ce qu'est un mythe et son exploitation, s'ouvre à nous la seconde partie du film, le mythe du 11 septembre... Quel est le lien entre les deux ? Pourquoi une telle introduction a-t-elle été nécessaire ? ... ??
Cette lecture de la Bible sous l'angle de l'astrologie est néanmoins passionnante et mériterait un documentaire tout entier consacré au sujet mais me semble, au regard de l'ambition du documentaire, hors sujet.
La seconde partie du film démonte donc la version officielle des événements du 11 septembre en faisant un condensé des enquêtes alternatives que l'on trouve depuis plusieurs années sur le net. Bien des questions sont légitimes et demandent toujours réponse. Si une chose est dores et déjà établie, c'est que l'administration américaine a menti a ses concitoyens en prétendant que rien ne pouvait laisser présager une telle attaque. En attendant les preuves d'un laisser faire, voir d'une complicité, ayant pour motivation le déclenchement d'une guerre dans la poursuite de buts économiques et stratégiques, je me pose quand même une question. L'invention de toute pièce de prétendues "armes de destructions massives" pour envahir une région pétrolifère n'est plus à prouver, alors par quel miracle de tels menteurs ont ils pu être réélus ? Opposer le bien au le mal c'est vieux comme le monde, mais les vielles ficelles fonctionnent toujours à merveille. Qui a cru Colin Powel brandissant sa fiole d'antrax et ses images satellites ? Pas grand monde en réalité. Comment ne pas voir là le désir d'une servitude volontaire ? Un laisser-faire devant la difficulté de remettre en question des idées reçues sur notre société occidentale qui représente pour beaucoup, le moins pire des systèmes ? Beaucoup nourrissent de grands espoirs de voir un jour la vérité sur les événements du 11 septembre être révélée. Je le souhaite également mais cela changera-t-il réellement les choses ? Le problème n'est-il pas plus profond ?
« En dépit de nos succès scientifiques et technologiques, nous souffrons de perte de courage. Nous sommes devenus une société conservatrice, satisfaite du cours actuel des choses. »
Arnold J. Toynbee (1880-1975)
Quel système préserve-t-on ? Quelles sont les institutions qui dans l'unique soucis de se maintenir, trouvent leurs survies dans les guerres et les crises économiques ? C'est ce que se propose d'exposer Zeitgeist dans sa dernière partie. Le film montre comment au cours de l'histoire des XIX et XXeme siècles, les banquiers, les sociétés privées et des personne qui n'ont jamais été élues, ont pris le pouvoir de déclencher des guerres, de faire s'écrouler des économies ou de défaire des carrières d'hommes politiques qui portent l'espoir de peuples entiers. Pour le dire avec Toynbee, nous avons perdu le courage de nous poser cette simple question. La démocratie peut-elle exister dans une société organisée vers le profit ?
"Laissez-vous envahir par le divertissement" propose la dernière pub Orange, le film Zeitgeist vous propose de faire, durant deux heures, le contraire...

vendredi 4 janvier 2008

En finir avec la plainte

La plainte est l'expression du mécontentement que l'on éprouve, la manifestation d'une peine ou d'une souffrance. Elle se manifeste souvent de façon sonore et évidente, mais la plainte est aussi parfois un piège subtil qui se glisse dans notre pratique.
Les employés se plaignent de leurs patrons, les citoyens de leurs dirigeants, les parents de leurs enfants, les enfants de leurs parents, on se plaint du manque de considération, de l'éducation, du pouvoir d'achat, des profs, de la société, de sa vie que l'on voudrais différente. S'il est bien normal que les acteurs de la société revendiquent des changements, d'un point de vue individuel, la tendance à conditionner son bonheur à des changements, conduit à souvent les individus vers ce poison puissant.
Le plaintif qui manifeste et répand sa douleur cherche se faisant à l'apaiser, mais la plainte nous servirait elle à autre chose ? Nous apporte-t-elle un autre « bénéfice » qu'un apaisement immédiat ?
Selon le psychologue Francois Roustang, la plainte nous permet de nous dissocier de nos douleur, elle est aussi un artifice qui nous écarte de nos souffrances en leurs refusant le droit de s'exprimer. Plus encore, elle serait un moyen de laisser intacte sa souffrance pour ne pas avoir à l'affronter, se coupant ainsi des possibilités de la transformer.
Dans la mythologie bouddhique, le roi démon du sixième ciel, représente la force démoniaque qui maintient les êtres humains dans les six états inférieurs. Il symbolise également notre peur de l'inconnu et le désir dévorant de sécurité. On dit de ce démon qu'il se réjouit de ceux qui forment leurs karmas dans les trois mauvaises voies et qu'il sait se montrer affectueux tant qu'ils ne cherchent pas à en sortir. Vu sous cette angle, nul doute qu'il se montre doux et attentionné avec celui ou celle qui ce plaint. Pour celui qui se complaît dans la plainte, c'est une attention qui lui est chère. D'un point de vue psychologique, on pourrait dire qu'il s'agit de demeurer insatisfait afin de ne pas perdre notre « Moi » chéri.
Si la mise à distance de la douleur et la sauvegarde de nos repères sont les bénéfices immédiats de la plainte, le prix à payer pour le plaintif peut être extrêmement douloureux à terme. A trop durer, elle risque de devenir une fixation répétitive qui va alimenter le chagrin au lieu de l'épuiser. Lorsque l'écart instauré entre la douleur et la plainte vient à s'évanouir, la peine acquière alors l'intensité de la plainte qui souvent la surpasse. La plainte est le refus de la réalité qui s'impose. La laisser s'installer dans sa vie c'est certainement prendre le risque d'une escalade où douleurs et reproches se répondent dans un cercle vicieux.
Francois Roustang rapporte l'expérience d'une personne qui, après plusieurs thérapies, ressasse encore et toujours les histoires du petit enfant craintif qu'il a été pour chercher à le consoler. Jusqu'au jour où il rencontre un thérapeute qui se refuse à partager cette pitié de quelque façon que ce soit et lui suggère de ne plus s'occuper de cet enfant . De cette « provocation » s'ensuit une délivrance durable.
Dans La source de la foi (NSF Editions, épuisé), on trouve un conseil concernant l'attitude dans la pratique que l'on pourrait mettre en parallèle avec l'exemple précédent. Un pratiquant du bouddhisme de Nichiren Daishonin dit à Satoru Izumi : « ...ma santé s'est beaucoup amélioré, mais je ne suis pas complètement guéri. » Izumi répond aussitôt : « "mais" est un mot dont on se sert beaucoup quand on se plaint. Si vous ne cessez pas de vous plaindre, vous ne pourrez plus recevoir de bienfaits ». D'un coté on peut trouver ce conseil un peu dure. Cependant, on peut se demander si plaindre quelqu'un ne serait pas un manque de bienveillance ?
Nichiren Daishonin écrit : « L'obscurité fondamentale se manifeste sous la forme du démon du sixième ciel » (LT3, 318). Alors dissiper l'obscurité fondamentale permets certainement d'identifier ce frein puissant à notre révolution humaine.

Le "moule gakkai"



La plupart des enquêtes journalistiques sur notre mouvement en France émanent d'un goût pour un sensationnalisme certain, et ne cherchent à aucun moment à faire apparaître une vérité sur celui-ci.
Ce manque d'objectivité ne fait aucun doute pour qui connaît notre organisation. Nous sommes aussi en proie à des critiques de la part de personnes ordinaires, d'anciens membres et parfois à celles de nos proches. J'ai souvent entendu, depuis le début de ma pratique, ce genre de critiques : "bon petit soldat", "pratiquant soka dans le moule" et d'autres expressions du même acabit qui soulignent généralement un manque d'indépendance voire de personnalité. Jusqu'à maintenant, j'ai toujours identifié ces critiques comme des obstacles qui inévitablement se dressent face à ceux qui cherchent à réaliser leur révolution humaine, suivant le principe des "Trois obstacles et des quatre démons" expliqué dans le bouddhisme.
Si parfois de telles critiques naissent effectivement en réaction à un désir d'avancer, en sont-elles systématiquement le fruit ? Sont-elles réellement dénuées de fondement ou avons-nous quelque chose à appendre de celles-ci ? Suite à un dialogue sur ce forum, j'ai récemment décidé de remettre en question mes réactions à ces critiques, et plutôt que d'y trouver des réponses toutes faites, je me suis posé des questions quant à ma propre attitude, notre organisation et son avenir.
Le choix du dialogue et de l'écoute permet de reléguer la question du sectarisme à une époque révolue. Une attitude d'ouverture permet également d'identifier les motivations et le sérieux de ces critiques. Existe-t-il une somme d'automatismes dans la réflexion ? Des phrases toutes faites ont-elles pu se glisser à notre insu dans notre organisation ? Existe t-il vraiment une sorte de moule "Gakkai" ?
L'homme est doué de raison. Il a conscience de lui même, de son passé et l'unique certitude qu'il a de son futur est que sa mort est inéluctable . Tout cela fait de son existence une prison insupportable. Parmi les solutions qui s'offrent aux hommes pour faire face à leur condition, l'appartenance à un groupe constitue une façon de surmonter celle-ci. Le réflexe conformiste a été, de tous temps, une constante de la société humaine. Nous ne sommes en rien différents des autres. C'est pourquoi ce risque existe aussi pour nous. Mais qu'en est-il réellement aujourd'hui en France dans l'ACSBN ?
Refusant les généralités, je ne peux que relater mon expérience à ce sujet.
Si je trouve dans 3e Civilisation et les publications de l'ACEP en général, des encouragements et des bases de réflexion indispensables, les encouragements entendus en réunion ou lors d'échanges informels entre pratiquants me laissent parfois pantois.
J'ai récemment entendu - mais qui n'a jamais entendu ce genre de conseil ? - un encouragement incitant à "faire apparaître un travail pour montrer la preuve actuelle". Que veut dire une telle phrase ? Dans les années 60 peut-être était-il nécessaire d'expliquer que le bouddhisme n'était pas une affaire d'ermites et d'austérités. Mais en 2007, à quoi sert ce genre d'encouragements ? Celui qui tenterait d'expliquer que les membres de l'ACSBN vivent en marge de la société serait largement contredit par les faits. Par ailleurs un protestant ou un musulman qui réussit dans les affaires le devrait-il à sa religion ? Libre à chacun d'interpréter les faits selon ses convictions religieuses.
Les gens ont-ils vraiment besoin de preuves matérielles pour se faire une idée de la force d'une philosophie ? Ou bien est-ce l'esprit de celui qui évite la plainte et qui refuse de se laisser vaincre par les difficultés qui touche le coeur des gens ? La difficulté de ne pas considérer notre bonheur comme lié aux circonstances est déjà énorme. Alors pourquoi répétons-nous parfois sans y réfléchir des encouragements précuits sans considérer leurs bien-fondés ? Est-ce un confort de se comporter ainsi ? A ce propos, Erich Fromm (psychanalyste et humaniste 1900-1980) décrit ainsi cette tendance au conformisme "Si je ressemble à l'autre, si je me conforme aux coutumes et idées du groupe, je suis sauvé de l'expérience effrayante de la solitude" (E. Fromm, L'art d'aimer, 1956, Desclée de Brower). Selon lui, le consensus nous sert de preuve à la justesse de "nos" idées.
En général, nous ne sommes pas conscients de notre conformisme. Nous vivons avec l'illusion que nous suivons nos propres idées et penchants, que nous sommes individualistes, que les opinions auxquelles nous sommes arrivées représentent l'aboutissement de notre réflexion personnelle.
Dissiper nos illusions et faire apparaître notre véritable soi permet de faire l'expérience de notre humanité sans passer par ce formalisme. Cette expérience permet à chaque être humain de dire : "Je suis toi. Je te comprends, toi et tes qualités. Je comprends ta bonté. Je comprends ta méchanceté et je comprends même ta folie, précisément parce que, moi aussi, je les porte toutes en moi."
Le choix d'arrêter la pratique peut bien sûr avoir des motivations diverses, mais combien de personnes ont été déçues par des encouragements formels rabâchés à l'envie durant des années ? Combien furent stigmatisés d'un "Taiten" sentencieux ? Je ne sais pas combien de Gohonzons ont été remis en France depuis les années 60. Combien de personnes attendent un changement de nos habitudes pour revenir vers la pratique ? Dans ma famille il y a eu 5 remises de Gohonzons et personne n'ignore ce qu'est la Soka Gakkai. Si certains en ont une opinion déformée, je constate que c'est parfois en réaction à des points de vue pour le moins rigides de notre part.
Les gens se montrent très méfiants à l'égard des religions et l'attitude des clergés au cours de l'histoire leur donne raison. La révolution religieuse qui s'est opérée sous l'impulsion du président Ikeda à la suite de l'excommunication de la Soka Gakkai par la Nichiren Shoshu est l'expression même de la lutte du peuple contre l'autoritarisme religieux. Pourtant quand un nouveau membre pose des questions sur ce sujet, j'observe que l'embarras est grand. La réponse se résume souvent à tracer une ligne entre le bien et le mal sans chercher à expliquer en quoi ce combat est d'une importance capitale au regard de l'histoire des religions et de la tendance de l'humanité à la soumission.
Notre organisation est en mouvement constant et je la trouve de plus en plus ouverte. Cependant, les habitudes ont la vie dure et j'ai pu vérifier que les résistances étaient fortes. Si certains m'ont conseillé d'aller "prendre une directive", j'ai aussi vérifié que d'autres attendaient depuis longtemps et en silence que s'exprime ce genre de point vue. L'esprit de recherche, s'il anime notre pratique bouddhique, nous permet d'illuminer en nous-même cette tendance au conformisme. Encore faut-il avoir le désir d'identifier ce penchant naturel.
Beaucoup ont certainement déjà fait ce constat depuis longtemps. Il m'a fallu près de vingt ans pour reconnaître cette tendance en moi. Le 21e siècle que j'attendais dans ma jeunesse est entamé. Plus que jamais l'avenir dépend de nos combats.